Cochon !

01 février 2018

Photos: Benoit Guenot

Text: Palmyre d'Anthenaise

Site: https://www.facebook.com/utretorre

U TRETORRE

« Il suffit d’une allumette, d’un mégot de cigarette… » Été 2017, la Corse brule et en regardant autour de nous, on se dit qu’ici aussi il suffirait de presque rien pour que la région des cochons s’embrase.
Vico, 19h, la montagne nous allume, magnifique et brutale. C’est là qu’André Poli retrouve ses cochons et sa liberté. On a souvent besoin d’une première vie pour trouver sa place. Pour lui c’est un enfant arrivé un peu tôt, des boulots, puis enfin l’envie il y a 4 ans de reprendre l’exploitation familiale. Son père élevait déjà des cochons, pas besoin d’AOP, tout se savait, se vendait, de bouches à oreilles, c’était bon, point!

Drôle de sensation de se faire un saucisson à la vue de ces petits cochons… Ne nous laissons pas attendrir !
C’est sur cette montagne que la chaire des Nustrales prend cette couleur si particulière, sombre et brute. Au menu, petit dej à l’Orge, déjeuner au gland et le quatre heure à la châtaigne. Le tout pendant 2 ans, petite et moyenne section classe verte en Corse.
La nutritionniste est formelle, ça donne les joues roses mais surtout.. une saveur puissante à la viande ! Fermez les yeux vous y êtes ! Les vieux villages perchés, la bergerie en pierre, la cave où sèche les jambons…Inimitable.

J’avais avec moi deux bouteilles et demie pour accompagner la charcuterie U Tretorre; Un cuvée Munjebel de Frank Cornelissen et un fond de Rayas 2001 commencé la veille pour fêter un futur heureux évènement. André dégaine alors le GRAS… de la joue ! Le Rayas, sublime et fin en 2001, se la joue grosse berline confortable: c’est très bon! La montagne se transforme en canapé, on sort les charentaises devant le feu de cheminée. L’ordre des choses ne faisant pas partie de mes habitudes, on enchaîne avec le Sicilien: Nous voilà revenus à la fraicheur d’une fin de journée en fôret, pas de doute on est au bon endroit. Un grand moment.
En redescendant André me confie qu’il laissera son fils Théo,15 ans, décider de la voie à prendre et même si  » il aime bien ce travail, les cochons, la montagnes…« , il ne sait pas s’il en fera son metier. « S’il décide de continuer l’exploitation, je le mettrais dans les meilleures conditions pour ça.  »
Je repars à la nuit tombée par le col de Sévi et ses routes escarpées, pas un chat mais du Nustrale, avec à chaque oreille deux entailles, la marque du clan.

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